(Attention
! ce rapport sur la loi du 4 mars 2002 (loi Kouchner) est
très long et contient des informations techniques mais il
est à la libre consultation des victimes d'erreurs médicales qui
souhaite le regarder)
Vous
êtes victime d'une erreur médicale ? Dimitri
PHILOPOULOS, Avocat à la Cour de Paris, Docteur en
médecine aux Etats-Unis, répond à vos
questions relatives à son cabinet d'avocats spécialisé
dans les erreurs médicales.
Combien
de temps dois-je attendre pour que mon affaire soit plaidée
?
En
moyenne, il faudra compter un an entre le moment que votre affaire
soit placée au tribunal et celui où elle est plaidée
devant le juge spécial qui peut vous allouer une provision
sur votre indemnisation définitive. Devant le juge pénal,
le délai varie selon la complexité de l'instruction
pénale. Notre cabinet s'efforce, de par son étude
préalable approfondie de chaque affaire, à limiter
au maximum ces délais.
Comment
traiterez-vous mon affaire au sein de votre cabinet d'avocats
?
Dimitri
PHILOPOULOS est ancien interne des hôpitaux aux Etats-Unis.
Il travail depuis des années avec un réseau d'éminents
médecins en France et aux Etats-Unis. Il va étudier
en profondeur votre affaire en amont sur le plan médical
et juridique pour vous dire ce qui s'était réellement
passé et si une action en justice est fondée.
Notre
démarche est de vous informer en amont sur les chances
de succès d'une action en justice.
Dimitri
PHILOPOULOS a représenté dans toute la France des
enfants victimes de graves séquelles lors d'un accouchement
ou autres handicaps psychomoteur graves. Il a une expérience
affirmée dans la prise en charge des intérêts
de ces enfants devant le juge.
Loin
d'être une liste exhaustive, voici quelques exemples d'erreurs
traitées par mon cabinet :
Erreur
médicale : Durant l'anesthésie, vous pouvez
être victime d'une erreur de posologie de médicaments
responsable de séquelles graves voire du décès.
Vous pouvez être victime d'un grave accident lors
de l'administration de l'anesthésie générale
ou loco-régionale.
Erreur
médicale : Durant l'opération, le chirurgien
peut par maladresse, inattention ou négligence couper
un artère responsable d'une hémorragie grave
voire mortel. Il peut également couper ou léser
des nerfs responsable d'une atteinte neurologique grave
telle qu'une paralysie. Il peut léser une partie
de l'intestin responsable d'une grave infection. Tout cela
peut arriver lors d'une intervention classique ou par la
voie de coelioscopie.
Erreur
médicale : Après l'opération, le
chirurgien peut tarder à réintervenir à
la suite d'une infection telle qu'une péritonite
ou d'une hémorragie responsables de graves séquelles
ou de décès.
Erreur
médicale : Vous pouvez être victime d'une
erreur de diagnostic responsable d'un préjudice important
ou de décès.
Erreur
médicale : Vous pouvez être victime d'une
infection nosocomiale importante (Staphylocoque doré,
pseudomonas, légionellose ...) ayant entraîné
des séquelles importantes.
Erreur
médicale : Un enfant lors de son accouchement
pouvait être victime d'une souffrance ou manque d'oxygène
laissant des séquelles neurologiques graves ou du
décès.
Devrais-je
saisir le juge pénal, le juge civil ou le juge administratif
?
Le
juge pénal appliquera la loi pénale et peut condamner
le médecin pour, le plus souvent, homicide involontaire
ou blessures involontaires. Vous pouvez être indemnisé
de votre préjudice par le juge pénal. En cas de
décès, ce type de procédure est opportun.
L'avantage du juge civil est que celui-ci prête une plus
grande attention à l'indemnisation : ainsi en cas de perte
de travail à la suite d'un grave accident où dans
le cas où l'indemnisation serait d'une importance particulière
pour assurer l'avenir du blessé dans le cadre d'un véritable
projet de vie, ce juge sera très adapté. Le juge
administratif est compétent pour le cas d'erreurs médicales
subies dans un hôpital public.
Devrais-je
saisir les nouvelles commissions régionales de conciliation
et d'indemnisation des accidents médicaux (CRCI) ?
Les
CRCI ont été instituées par la loi Kouchner
(loi du 4 mars 2002). Vous pouvez obtenir une indemnisation dans
un délai théorique de 11 mois. En cas d'accident
médical dû à une faute médicale, l'assureur
du médecin fautif vous indemnisera. En cas d'accident médical
qui n'est dû à aucune faute (un " aléa
thérapeutique "), l'Office national d'indemnisation
des accidents médicaux (ONIAM) vous indemnisera. Avant
d'accepter un règlement amiable de l'assureur ou l'ONIAM
(l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux),
soyez absolument sûr que l'indemnité qui vous est
proposée est une réparation complète de votre
préjudice : tout règlement à l'amiable entre
vous est l'assureur ou l'ONIAM (l'Office national d'indemnisation
des accidents médicaux) est irréversible. Attention
à vos droits car l'indemnisation peut varier du double
ou triple !
Certainement
pas ! L'ONIAM (l'Office national d'indemnisation des accidents
médicaux) n'a pas d'autre vocation que de prendre en charge
l'indemnisation de l'aléa thérapeutique. Ainsi vous
ne devez pas faire plus de confiance à l'ONIAM qu'à
une quelconque compagnie d'assurance ! L'ONIAM n'a que ses propres
intérêts à protéger et certainement
pas les vôtres : il en résulte que vous devez être
aussi sceptique relativement à toute proposition d'indemnisation
de l'ONIAM qu'à celle d'une compagnie d'assurance.
Les
Commissions régionales de conciliation et d'indemnisation
des accidents médicaux (CRCI) sont-elles censées
protéger mes intérêts ?
Pas
du tout ! Les CRCI dont les premières ont été
créées dans les régions PROVENCE-ALPES-COTE
D'AZUR ; RHONE - ALPES ; ILE-DE-FRANCE ; NORD-PAS-DE-CALAIS début
2003, n'ont point pour vocation de protéger vos intérêts
: la preuve en est que les assureurs et médecins siégeront
au sein de ces commissions régionales de conciliation et
d'indemnisation (CRCI). Certes les associations de victimes d'erreurs
médicales y siégeront aussi, mais il est à
craindre que le poids d'influence des assureurs et médecins
soit très important.
A
partir de quel niveau de gravité d'une erreur médicale
doit-on saisir les commissions régionales de conciliation
et d'indemnisation des accidents médicaux
La
commission régionale de conciliation et d'indemnisation
(crci) pourra être saisie par toute victime d'une erreur
médicale ou par son avocat si cette erreur médicale
est survenue à compter du 5 septembre 2001 et si la victime
a subi un préjudice d'un certain niveau de gravité
requis par la loi Kouchner (essentiellement une incapacité
permanente de 25 %). La victime d'une erreur médicale ou
son avocat devra veiller à ce que le niveau de gravité
requis par la loi Kouchner est bien atteint pour ne pas perdre
de temps inutile devant la commission régionale de conciliation
et d'indemnisation (crci).
Les CRCI sont elles toujours justifiées
pour la
victime d'une erreur médicale?
L'avocat
de la victime d'une erreur médicale devra renseigner la
victime si la crci présentera des avantages ou non pour
celle-ci. C'est-à-dire si la crci risque ou non de lui
faire perdre du temps. En effet, la procédure devant la
crci sera de 6 mois pour que la crci rende son avis, 4 mois pour
que l'assureur ou l'Oniam le cas échéant présente
une offre et 1 mois pour le paiement des indemnités si
la victime d'une erreur médicale a choisi d'accepter cette
offre. Il s'agit d'un total de 11 mois.
La
loi du 30 décembre 2002 (loi ABOUT) relative à la
responsabilité civile médicale a définitivement
mis fin à une différence d'opinion quant à
l'application de la loi Kouchner dans le temps. Cette loi dispose
que les dispositions relatives à l'indemnisation de l'erreur
médicale sont applicables uniquement aux erreurs médicales
survenues à compter du 5 septembre 2001 même si la
victime ou son avocat a déjà engagé une action
en justice devant le juge. Cela indique que les avocats de victimes
d'une erreur médicale ne pourront invoquer la loi Kouchner
que pour un accident médical survenu après cette
date. Quelle injustice pour la victime touchée avant cette
date fatidique !
Qu'est-ce
que la clause dite " réclamation faite "
La
loi du 30 septembre 2002 a également fait renaître
d'une manière cauchemardesque la clause dite " réclamation
faite " de la victime d'une erreur médicale. Ces clauses
ont limité la garantie dans le temps à partir du
moment de la fin (résiliation) d'un contrat d'assurance.
Or, ces clauses étaient condamnées par le juge voici
quelques années. Dès à présent, la
victime d'une erreur médicale devra être vigilante
et son avocat devra veiller à ce qu'une réclamation
de sinistre soit faite pour éviter tout problème
de garantie de la compagnie d'assurance (même si en principe
à défaut de garantie l'Oniam devra intervenir et
indemniser la victime de l'accident médical il sera prudent
de faire une réclamation tout de même sans délai
mais qu'en est-il si la victime d'une erreur médicale ne
bénéficie pas des dispositions de la loi Kouchner
!).
Dimitri
PHILOPOULOS Avocat
au Barreau de Paris
Docteur en médecine (Etats-Unis)
18, rue Vignon - 75009 PARIS
Tél. : 01 49 24 00 32 - Fax : 01 49 24 00 51